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De la série E à la série J

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Malle XVIIIe siècle, autrefois recouverte de peaux.
Archives départementales du Tarn, 29 J 54.

Lors de l’édification du cadre de classement de 1841, il n’était pas prévu, à proprement parler, d’archives privées. C’est pourquoi la série E qui contenait, entre autres, les archives de la féodalité, les titres de famille, les archives des corporations et confréries laïques apparaît comme l’ancêtre de la série J. Au départ, seules les archives confisquées au titre des lois révolutionnaires y étaient rassemblées. Mais un brin de confusion est venu perturber ce principe limpide par le fait que le cadre de classement de 1841 avait aussi prévu de rentrer dans cette série, en suivant, les archives des notaires et tabellions et les archives des communes.
Dans cette deuxième moitié du XIXe siècle, la série « E féodalité » n’est pas close mais l’archiviste Émile Jolibois est confronté à deux problèmes : d’une part les archives entrent hors  contexte révolutionnaire et d’autre part, il a déjà utilisé  les cotes d’accroissement pour d’autres archives, celles des notaires et des communes. Alors, il les intègre en toute logique dans les fonds d’archives communales déposées ou « E supplément ». Cet inventaire de la série E présente donc des archives communales publiques (avec la double lettre pour signifier qu’elles sont Lors de l’édification du cadre de classement de 1841, il n’était pas prévu, à proprement parler, d’archives privées. C’est pourquoi la série E, qui contenait – entre autres – les archives de la féodalité, les titres de famille, les archives des corporations et confréries laïques, apparaît comme l’ancêtre de la série J. Au départ, seules les archives confisquées au titre des lois révolutionnaires y étaient rassemblées. Mais le cadre de classement de 1841 avait aussi prévu de rentrer dans cette série, en suivant, les archives des notaires et tabellions et les archives des communes.
Dans cette deuxième moitié du XIXe siècle, la série « E féodalité » n’est pas close, mais l’archiviste Émile Jolibois est confronté à deux problèmes : d’une part les archives entrent hors contexte révolutionnaire et d’autre part, il a déjà utilisé les cotes d’accroissement pour d’autres archives, celles des notaires et des communes. Alors, il les intègre en toute logique dans les fonds d’archives communales déposées ou « E supplément ». Cet inventaire de la série E présente donc des archives communales publiques (avec la double lettre pour signifier qu’elles sont d’Ancien Régime) et des archives de la féodalité comme des reconnaissances féodales, des documents liés aux droits féodaux, des lausimes de fiefs, états de censives ou encore des terriers (peu nombreux).
 Les archives seigneuriales – quand elles existent – sont à la fois des archives privées et des archives publiques dans la mesure où chacune des parties détient une preuve de ses droits avec une pièce écrite. Il est bien difficile de savoir si le document est un exemplaire détenu par le seigneur et confisqué par les lois révolutionnaires ou s’il appartient aux archives consulaires, surtout s’il s’agit d’un parchemin isolé. Si le document est inséré dans un registre, il est placé dans un contexte où il peut être possible de comprendre son origine seigneuriale ou communale. Dans un cas comme dans l’autre, le document est devenu propriété publique et Émile Jolibois le classe dans les fonds d’archives communales.

Émile Jolibois réalise deux inventaires, dans l’ordre des cotes de la série E, le deuxième dénommé « E supplément » ou « E Communes », publié chronologiquement avant le premier inventaire :

1. Inventaire série E, publié en 1890 :

Titres féodaux

E 1 à 105

Titres de familles

E 106 à 307

Notaires et tabellions

E 308 à 682

Corporations et confréries laïques

E 683 à 687

2. Inventaire « E supplément », publié en 1884 :

communes

E 692 à 4342

 

En 1913, de nouvelles instructions (18) obligent à mettre fin à la cotation continue (19) dans la série E, mettant à mal le travail réalisé par Émile Jolibois, dont l’inventaire était déjà publié. C’est à Henri Chanteux que revient le travail de refonte de la série E en 1932-1934. Il crée une sous-série distincte pour les archives notariales (20) afin de les différencier des archives communales. Dans le même temps, les archives communales sont « extraites » de la série E et recotées dans la nouvelle série « E dépôt » ou EDt, les archives des communes étant seulement « déposées » aux Archives départementales.

En 2004, lors du déménagement de tous les fonds vers un nouveau bâtiment d’archives, et au moment de réaliser un rangement pérenne des documents en magasin, il est décidé de revisiter encore une fois cet inventaire de la série E. Seules à présent une trentaine de cotes sont restées en série E féodalité, dont à titre d’exemple, le registre des Lièves des fiefs appartenant à messire de Crussol d’Uzès Saint-Sulpice d’Amboise, marquis de Saint-Sulpice, dans la terre seigneurie et juridiction de Graulhet, 1736 (E 1855).

Ainsi aujourd’hui, pour travailler sur les archives de la féodalité, il faut consulter la série E Féodalité, la série J des archives entrées par voie extraordinaire et les archives communales anciennes déposées aux Archives départementales (en série EDt) ou encore conservées en commune. Le parcours sera toutefois facilité par les inventaires électroniques qui peuvent artificiellement lier sur la « toile » ou en salle de lecture toutes ces sources, c’est du moins le grand œuvre archivistique en cours, une véritable (r)évolution.