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Histoire de la constitution des fonds

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Collection d'en-têtes de l'époque révolutionnaire. Archives départementales du Tarn, 23 J 5.

Aujourd’hui, lorsqu’un simple document ou un fonds plus conséquent entre aux Archives départementales, il est « enregistré » dans un « Cahier des entrées»  (114). C’est un cahier spécifique à l’entrée des archives privées en série J. Une cote est attribuée au document ou au fonds, même si rien n’est classé (115).  Sont ainsi gardées, par ce mécanisme d’enregistrement, la trace du donateur et des informations sur la nature des documents entrés, ainsi que sur leur quantité exprimée en métrage linéaire. Cette procédure est ancienne et les archives des archives témoignent de cette pratique depuis le XIXe siècle. (116) Tout devrait être simple à expliquer mais ce n’est cependant pas vraiment le cas, dans la mesure où aucune « série » des archives privées n’existait au XIXe siècle et que par conséquent, les documents ne pouvaient pas être cotés au moment de leur entrée. Le temps faisant son œuvre, il est difficile de comprendre le travail réalisé par les archivistes et les méthodes appliquées. Ainsi se justifie ce titre « Histoire de la constitution des fonds » qui remonte à la création des Archives départementales, à l’époque révolutionnaire, pour avoir une vision large de l’entrée des archives privées.

Les services d’Archives nationales et départementales sont créés à la Révolution. Les révolutionnaires ont cherché à rassembler les archives dispersées dans de très nombreux lieux de conservation. Toutes les administrations d’Ancien Régime, royales et seigneuriales, sont supprimées et il en est de même pour les institutions ecclésiastiques, les corporations et les confréries. Dans les départements, les archives de ces institutions ont dû être récupérées et centralisées dans un seul lieu, les Archives départementales créées par la loi du 5 brumaire an V (26 octobre 1796). On y ajoute aussi les archives des familles émigrées, séquestrées en même temps que tous les biens. Toutes ces archives deviennent ainsi des archives publiques en vertu des lois révolutionnaires, y compris les archives seigneuriales et les archives familiales des émigrés. Les archives de l’administration révolutionnaire (série L) témoignent de ces séquestres de biens et d’archives, ainsi que des efforts faits pour les rassembler. Dès le mois d’août 1790, l’administration du Directoire, après avoir délimité le nouveau département du Tarn, crée le 3 septembre quatre bureaux administratifs qui ont différentes attributions (117), comme les finances, les droits féodaux, le Domaine et l’aliénation de ces mêmes biens, l’agriculture, le commerce, etc. Le 29 septembre 1790, le sieur Gorsse est nommé pour représenter le département du Tarn lors de la mise sous scellés des papiers de l’ancienne province du Languedoc à Montpellier. On s’intéresse rapidement aux droits féodaux supprimés dans le département, et il est demandé un état des droits supprimés envoyé à toutes les municipalités pour être vérifié. En 1791, on demande au sieur feudiste d’Albi un état des biens nationaux restant à vendre et des droits féodaux jadis perçus dans le district. En l’an IV, le ministre des Finances invite l’administration à lui faire parvenir des listes d’émigrés et de condamnés qui se trouveraient dans les archives de Sociétés populaires (118), celles-ci ayant dû déposer leurs papiers et registres au secrétariat des municipalités d’après la loi. Le 10 frimaire de la même année, les archives du district d’Albi sont expédiées à l’administration centrale dans 14 caisses (119). Les exemples sont nombreux d’apposition des scellés sur les habitations. À Gaillac en avril 1793, des inventaires des titres et papiers sont réalisés chez des individus (120). Reclus comme suspect, le marquis de Travanet voit ses biens – dont ses archives – mis sous séquestre (121). Les archives des justices seigneuriales supprimées doivent être versées sans plus de retard au greffe du tribunal du district (122). On cherche des lieux de conservation « temporaires » avant de trouver un lieu unique. Ainsi, les archives publiques doivent être placées dans un local faisant partie du bâtiment où siège l’administration. En attendant, elles sont  placées dans la salle des archives de l’ancien chapitre cathédral de Castres pour les mettre à l’abri (123). Puis des personnes qualifiées sont désignées pour les trier (124) .

On voit bien les archives être acheminées tant bien que mal vers un lieu de conservation départemental, rassemblées pour y être triées et inventoriées, dans un souci évident de faire valoir les droits et d’assurer les preuves juridiques. Avec le temps, le XIXe siècle avançant, ces archives sont devenues sans utilité car trop anciennes, mais elles ont gardé une valeur patrimoniale.

Émile Jolibois.

L’arrivée de l’archiviste Émile Jolibois en 1859, premier des « grands » archivistes du département relance l’activité archivistique dans le Tarn. Sa priorité va à l’accroissement des collections publiques. Mobilisé par l’organisation de son dépôt d’archives et les tâches d’inventaire, il ne délaisse pas les archives privées et reste vigilant auprès des érudits locaux. Ces derniers sont eux-mêmes collectionneurs et « collecteurs » d’archives anciennes. En cette période du XIXe siècle, notables, érudits, collectionneurs, gens de justice, propriétaires et parfois un peu tout cela à la fois, tentaient de rassembler la mémoire des temps anciens. Émile Jolibois est aussi en phase avec ce milieu d’érudits. Il y a une prise de conscience nationale de l’importance de garder la trace des monuments et des personnes. C’est dans ce contexte général qu’Émile Jolibois fonde la Revue du Tarn en novembre 1875. Trois ans plus tard, en 1878, il crée aussi la Société des Sciences Arts et Belles-Lettres du Tarn (SSABLT). Conséquence indirecte de ces phénomènes d’activité intense des érudits locaux : la collecte des documents privés est relancée, de manière souvent, hélas, très anarchique.

Le Congrès archéologique de France vient à Albi pour sa 30e session, en 1863. Une grande exposition artistique et archéologique est organisée pour réunir tout ce que le département renferme de précieux sous le rapport de l’Art et de l’Antiquité (125). Il est considéré qu’exposer ainsi publiquement toutes les richesses artistiques et historiques du pays, c’est en populariser la connaissance et recommander leur conservation à la vigilance de tous. Il est intéressant de décliner dans la longue liste des objets qui peuvent figurer dans cette exposition, (…) les plans des anciens châteaux de notre contrée et des anciens édifices religieux, les monuments écrits remarquables sous le rapport de l’art ou de la science, les anciens sceaux, les autographes de personnages historiques (…) et enfin les photographies représentant les sites et monuments du département. Autrement dit, les archives figurent en bonne place dans cette exposition. L’archiviste du département, Émile Jolibois, est présent parmi les membres de la commission créée à cet effet par le maire. À ses côtés, sept notables en sont aussi membres dont M. Sarrazy, contrôleur des Contributions directes, Victor Doat, le baron Edmond de Rivières, M. Crozes, vice-président du tribunal civil. M. Sarrasy donnera l’ensemble de sa collection d’archives aux Archives départementales en 1877 (fonds 3 J). C’est notamment dans ce fonds qu’est conservé le plus ancien document des Archives départementales du Tarn, datant de 962. Isidore Sarrazy propriétaire en 1863, le prêta pour cette exposition.

374. Acte de donation d’une vigne, à Albi, en 962.

M. Sarrasy, contrôleur des Contributions directes à Albi

 

Dans la Revue du Tarn de 1880-1881, sont publiés une analyse experte de cette charte (126) avec un visuel en fac-similé et la transcription intégrale du texte en latin (127).

 

Vincent Mollet, dans sa thèse sur les Archives départementales du Tarn, observe que Jolibois s’efforce d’engager les détenteurs de pièces anciennes à se présenter spontanément et à donner plutôt qu’à vendre. Les donateurs sont remerciés par une lettre du Ministre de l’Intérieur chargeant le Préfet de leur exprimer sa reconnaissance. Les noms principaux sont publiés au Moniteur et Jolibois obtient pour eux du Préfet, en 1862, les remerciements du Conseil général. Il ouvre un livre des donateurs malheureusement perdu qui comprend déjà 37 noms en 1862, au bout d’un an. Les donateurs sont en partie des gens que leur fonction amène à côtoyer l’archiviste. (128) Du temps de Jolibois (1859-1889), une soixantaine de dons est signalée par les rapports annuels. Vincent Mollet relève parmi les donateurs dont la qualité est mentionnée : six élus locaux, maires ou conseillers généraux (dont Hippolyte Crozes (129)) et deux secrétaires de mairie ; quatre curés et trois notaires (personnes en contact avec les archives anciennes) ; deux habitués des archives, Isidore Sarrazy et Anacharsis Combes (de Castres) ; trois négociants et un boulanger. Émile Jolibois fait aussi des achats auprès des particuliers, en salle des ventes ou encore auprès des librairesDans le rapport de 1869, un passage mentionne l’appel d’Émile Jolibois aux détenteurs d’archives anciennes de toutes les personnes qui tiennent au passé du pays : il s’agit de sauver de la destruction, et par un acte éminemment patriotique, des pièces importantes pour les familles, pour les communes et pour la science. Émile Jolibois s’intéresse aussi à la « copie » de documents, notamment des chartes. Comme nos propres archives ne remontent pas à plus de 600 ans, je fais copier toutes les chartes antérieures au XIIIe siècle, soit d’après les originaux, lorsqu’ils existent dans les dépôts publics, soit d’après les recueils manuscrits ou imprimés, de manière à former un cartulaire de l’Albigeois pour les temps antérieurs à la réunion du Languedoc à la France. Je fais encore copier, pour les conserver dans nos archives, les mémoires et journaux historiques qui sont restés manuscrits dans plusieurs familles. On les retrouve pour la plupart dans la bibliothèque de M. de Combettes-Labourelie qui a bien voulu les mettre à ma disposition. M. de Combettes-Labourelie a transcrit des manuscrits historiques intéressant l'Albigeois et il subsiste environ 80 volumes de copies (130). Émile Jolibois montre son intérêt pour l’histoire de l’Albigeois antérieure au XIIe siècle, avant que le comté de Toulouse ne soit rallié au Domaine royal. Après plusieurs décennies de discrétion de la part des archivistes successifs, il développe une activité sans relâche pour récupérer des fonds épars comme par exemple avec l’entrée du fonds Carrère (2 J). Ce ne sont pas réellement des archives privées mais de riches archives publiques « entrées par voie extraordinaire ».

Registre du fonds Carrère. Archives départementales du Tarn, 2 J.

En 1872, Hyacinthe Carrère présente une sélection de 30 documents à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse afin de concourir dans une présentation des plus belles pièces d’archives. Émile Jolibois reconnaît là des documents originaux provenant principalement des archives de l'évêché, du chapitre, de l'officialité et de l'ancienne abbaye de Castres, portant les cotes des anciens inventaires. Ce sont des documents devenus publics depuis la Révolution et du plus haut intérêt pour l'histoire du département. L’'archiviste fait un rapport au préfet le 26 avril 1872 et revendique les documents comme devant rejoindre le fonds des archives du clergé d'Ancien Régime conservé aux Archives départementales. Le préfet Paul Lauras ordonne la saisie-arrêt des documents. Surpris autant que blessé, Hyacinthe Carrère justifie l'acquisition très honnête de ces documents ainsi que de beaucoup d'autres dans des ventes publiques ou dans des ventes aux enchères des successions d'érudits locaux. Il démontre ses bonnes dispositions à l'égard des dépôts publics, s'étant déjà généreusement dessaisi de précieuses pièces à leur profit. Il demande la restitution des documents afin de pouvoir les offrir au département. Le préfet accepte, et ce ne sont pas 30 documents mais 734 pièces que Hyacinthe Carrère a la libéralité d'offrir au département du Tarn.

Ce beau geste désintéressé semble faire école car cinq ans plus tard, en 1877, Isidore Sarrazy rencontré lors de la grande exposition de 1863, donne sa collection (3 J) puis Élie Rossignol en 1893 (5 J), Henri Favarel, notaire, en 1894 (8 J), Norbert Doat, huissier, en 1896 (8 J), etc.
Les premiers fonds entrés sont des collections de documents historiques anciens, privés et publics. Charles Portal, successeur d’Émile Jolibois, est aussi très actif et fait entrer des fonds de châteaux comme celui du château de Ferrières (13 J), le fonds de la famille Clausade à Rabastens (14 J) et le premier fonds de « copies » par des érudits locaux, Edmond Cabié et Louis Mazens constituant le chartrier de Graulhet Saint-Sulpice (17 J). L’archiviste peut aussi avoir l’occasion d’extraire de fonds judiciaires (18 J) ou notariés (26 J) des documents qui ne peuvent pas entrer dans ces séries constituées des archives de la justice ou des notaires car ce ne sont pas des registres de minutes notariales, mais des archives familiales (18 J, Extraits de fonds judiciaires) ou des archives réalisées par le notaire en tant que greffier d’une communauté d’habitants ou d’un seigneur. Pêle-mêle : cadastre ou compoix, arpentement, allivrement, registre d’audiences de la Cour royale, jugements. À l’inverse, la reprise récente des fonds d’archives notariales pour l’encodage et la mise en ligne des inventaires de fonds notariaux a permis de « dénicher » des registres de reconnaissances féodales ou autres, des archives privées, qui auraient dû être classées en série E ou J, car seules les minutes et registres d’ordonnées devraient y être intégrés. (131) Les archives publiques entrées par voie extraordinaire ont été laissées dans la série des archives privées ; de même, les archives privées entrées dans les archives notariales sont restées dans les fonds notariaux. Une bonne gestion du plan de classement permet de les faire apparaître sous un titre explicite « Autres actes ».

Exemple :
Autres actes retour

3 E 48/109* 1488-1512

1488-1512
  Cède de reconnaissances et actes concernant Sorèze (1488-1512). Ce dossier povient d'archives privées.

Maurice Greslé-Bouignol.

Des évolutions significatives ont lieu après-guerre, avec la « création » de la série J, en 1944 (132). C’est à l’archiviste, Maurice Greslé-Bouignol que va revenir le grand chantier de la cotation de la série et de la réalisation d’inventaires dont celui du 1 J, petits fonds et pièces isolées. C’est un important travail car cela représente un métrage non négligeable, environ 40 ml (il y en a 50 ml aujourd’hui). Les fonds sont repérés et cotés. Si Maurice Greslé-Bouignol n’a produit qu’un seul inventaire d’archives privées achevé (133), il a analysé de très nombreux documents et mis beaucoup d’ordre dans cette série. Il avance les classements des fonds (30 J, 41 J, 43 J, etc.). Ses notes manuscrites sont précisées sur des chemises de récupération. C’était une époque où le personnel des archives était très réduit, et sans beaucoup de moyens pour réaliser un conditionnement satisfaisant. Les enveloppes de correspondance étaient réutilisées pour servir de chemises. Il n’est pas rare de trouver des fiches d’inventaires réalisées sur… d’anciens bulletins de vote ! Maurice Greslé-Bouignol est aussi l’archiviste qui va faire entrer les premiers fonds industriels, des fonds de gros volume : archives des mines (Houillères de bassin, aujourd’hui 1.600 ml), Saut du Tarn (169 ml). C’est un peu la révolution dans les dépôts d’archives. On change d’époque, il faut prévoir des dépôts annexes pour entreposer ces archives volumineuses qui font exploser les métrages de conservation, car le bâtiment principal est en voie de saturation.

Jean Le Pottier, directeur des Archives départementales arrivé en 1986, continue l’œuvre commencée par son prédécesseur et une équipe de classement est affectée aux fonds industriels : Saut du Tarn, Moulins Albigeois, La Pharaonne (distillerie albigeoise), etc. Les archives des Mines déménagent et reviennent à Carmaux où elles sont conservées et placées dans un nouveau local partagé avec la médiathèque, sous la responsabilité du directeur des Archives départementales qui délègue une personne pour la gestion de ce fonds. Les inventaires sont à présent saisis avec des logiciels de traitement de texte suivant les plans de classement proposés par les Archives nationales. Les premiers fonds d’archives textiles font leur entrée en 1981 avec le fonds Julien et Mialhe de Vabre (71 J) suivi du premier versement de la société de délainage Cormouls-Houlès (72 J), les Ateliers du Tarn à Lavaur (73J) et le fonds de la Verrerie ouvrière albigeoise (85 J). Le bâtiment principal et ses deux annexes sont saturés.

Madame Charnay, première femme directrice des Archives départementales du Tarn, obtient du Conseil général la location d’une troisième annexe. Le premier fonds de syndicat patronal fait son entrée. Il est très volumineux car il concerne le délainage mazamétain. Il apporte encore un autre angle de vue sur le monde du délainage, élargissant son spectre d’intérêt vers les professions satellites liées à cette activité. Une très belle et longue correspondance privée (mais aussi d’affaires) envoyée (copies sur papier pelure, reliées en volumes) par l’industriel délaineur mazamétain, Gaston Cormouls-Houlès, et son fils, est donnée par la famille. Cette remarquable correspondance couvre trente à quarante années de vie mazamétaine de la fin du XIXe siècle. Elle vient compléter les archives industrielles déjà versées et les éclairer d’un jour nouveau, les enrichir sur le plan technique, sentimental, social, politique, littéraire, économique et philosophique. Les fonds d’associations entrent à leur tour, notamment le fonds du Mouvement pour le Planning familial (93 J), mouvement d’éducation populaire qui lutte pour le droit à l’information et à l’éducation permanente. C’est un fonds qui prend place dans l’après 68 et son intérêt est sociétal.

Avec Sylvie Desachy, nouvelle directrice nommée en 2000, les Archives départementales arrivées à saturation dans leur espace de conservation, déménagent vers un nouveau bâtiment inauguré en janvier 2005. La préparation des fonds pour le déménagement oblige à réaliser beaucoup de reconditionnement et de nombreuses cotations, même si le fonds n’est pas classé. La gestion des fonds privés devient un secteur à part entière des Archives départementales avec la désignation d’un cadre responsable de la série J : Françoise Hubaut. Deux magasins dans le nouveau dépôt sont affectés à la série J, dont l’un est équipé de rayonnages mobiles. Les archives privées gagnent enfin d’excellentes conditions de conservation, et beaucoup d’espace de rangement pour les accroissements. Une fois le déménagement effectué, les classements peuvent reprendre. Sylvie Desachy laissera la marque de fabrique de nouveaux inventaires électroniques normalisés et validés par la Direction des Archives de France, destinés à alimenter le nouveau site internet ouvert en 2006. L’ère technologique a évolué, même si le travail de fond reste le même. Les possibilités d’accès dans les fonds sont démultipliées par les nouvelles technologies. Les nouvelles et excellentes conditions de conservation séduisent à présent quelques particuliers, plus favorables au don d’archives : exemple l’entrée du don Boussac en 2005 (134). Un inventaire des archives de l’évêché d’Albi en 1520 et une précieuse copie d’époque du journal de Mathieu Blouin sur les troubles des guerres de religion à Gaillac au XVIe siècle, viennent ainsi enrichir les fonds.

À présent, de nombreuses expositions sont réalisées dans les espaces dédiés et la valorisation des archives est un axe de développement qui accompagne notamment les travaux de classement. Avec le classement des trois fonds Cormouls-Houlès, industriels protestants investis dans la production textile et le délainage, un inventaire normalisé a été publié accompagné d’une grande exposition très appréciée des divers groupes sociaux liés à l’activité du délainage. Conférences et exposition valorisent les travaux et suscitent un quatrième et dernier versement d’archives venant compléter les fonds Cormouls-Houlès sur une période plus contemporaine. Il faut d’ailleurs saluer ici la cohérence de vue de cette grande famille d’industriels mazamétains, qui a cherché à rassembler l’immense ensemble de ces archives dispersées en plusieurs mains, pour reconstruire par les archives l’histoire de cette grande épopée familiale et la livrer entière et sans retenue aux historiens. Ce travail accompli au service de la mémoire collective est une grande fierté. En 2013, les archives privées font à nouveau l’objet d’une exposition de juin à décembre, pour accompagner la sortie de l’État des fonds des archives privées.