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La seigneurie en Albigeois

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La seigneurie en Albigeois est sensiblement différente de la seigneurie du nord de la France, en ce sens qu’elle représente un pouvoir moins fort.

Absence de grandes seigneuries ecclésiastiques

Bulle affirmant les privilèges de l'Église Saint-Benoît. Archives départementales du Tarn, 2 J 3.

Comme dans toute la France, des monastères se créent au Moyen Âge. Les couvents ont été dotés de terres seigneuriales. Mais le Tarn n’a pas eu de grandes seigneuries ecclésiastiques. Il y avait de riches abbayes, mais elles n’avaient pas une étendue et une puissance remarquables en regard des grandes seigneuries du nord de la France. Quelques abbayes ont cependant donné naissance à nos villes, comme à Castres ou à Gaillac. Le monastère bénédictin de Castres est fondé par Saint-Benoît d’Aniane au début du IXe siècle, affilié à Saint-Victor de Marseille en 1074, étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Le vicomte de Trencavel lui accorde une charte de franchise en 1160. La ville se construit autour de l’abbaye (48). Les titres conservés dans la collection Carrère, 2 J, documentent cette période ancienne de la gestion de l’établissement religieux, seigneur du lieu. Une bulle de 1123 porte affirmation des privilèges de l’Église Saint-Benoît (2 J 3) et deux bulles de 1266 et 1267, confirmation des privilèges et des bénéfices dont l’abbaye était en possession (2 J 6). La bulle de création de l’évêché de Castres, en 1317, est conservée dans ce fonds (2 J 11), ainsi que le partage des biens entre l’abbaye et le nouvel évêque en 1318 (2 J 12). En rapport avec l’activité seigneuriale, peuvent être consultés le bail à fief par l’abbé de Saint-Benoît de Castres, Alziar, des terres de Laposaque à Raymond Desplars en 1298 (2 J 8), ou les contestations entre les consuls et le seigneur, relatives aux droits d’usage des habitants, dans les bois et sur les montagnes en 1323 (2 J 14).

Les abbayes bénédictines de Sorèze et de Saint-Michel de Gaillac, et l’abbaye cistercienne de Candeil (dont la série J conserve un état des biens et des domaines, tardif – 1731 – mais instructif (49)) sont parmi les principales abbayes tarnaises. Les archives de ces abbayes sont conservées en série H (Clergé régulier).

Des droits seigneuriaux plus limités

La seigneurie laïque possède dans la région albigeoise des droits seigneuriaux plus limités que dans le nord de la France, d’après l’étude de leurs différents droits.

Les droits banaux sont des droits utiles. On entend sous ce terme le monopole exercé par le seigneur sur le four, le moulin, le pressoir, la forge, et le droit d’exiger des corvées. Le seigneur construit le moulin et l’entretient, et en retour, les habitants s’engagent à y moudre le grain moyennant redevance en nature. Jean Ramière de Fortanier constate que dans beaucoup d’endroits il n’avait jamais existé de banalités. (…) Les seigneurs accordaient d’ailleurs fréquemment, gracieusement ou moyennant finances, des exemptions de banalités. Parfois ces exemptions étaient de droit, moyennant le paiement d’une redevance convenue. (50) Précieux témoignages du vécu des paysans, les « cahiers de doléances » de la période révolutionnaire ne comportent pratiquement pas de doléances envers les seigneurs, ils évoquent plutôt, de façon récurrente, le poids des impositions royales.

Quelques grandes familles

Les principaux documents