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La réaction féodale au XVIIIe siècle, la classement des archives

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Plan d'un fief à Sainte-Gemme, extrait du livre de reconnaissances pour messire Jean-André de Maffre, 1786. Archives départementales du Tarn, 16 J 21.

La série J contient de beaux terriers seigneuriaux réalisés au XVIIIe siècle, illustrés de plans, comme par exemple le terrier de la famille Maffre de Vers (74), réalisé en 1786. Dans le fonds du château de Florentin, ou de la grande seigneurie de la Terre basse d’Albigeois, on constate qu’au XVIIIe siècle, vers 1776, sont dressés de nombreux plans des fiefs par le feudiste Serre, assemblés en volumes reliés cuir, très soignés (75). Romain Joulia, lors du classement des archives du chartrier de Graulhet Saint-Sulpice (76), a lui aussi constaté une remise en ordre des archives du chartrier en 1728, par le « déchiffreur et archiviste » Claude Cresty, sur ordre du marquis de Saint-Sulpice de Crussol (77).

Faut-il relier la confection de ces nouveaux terriers et la mise en ordre des archives, au mouvement décrit par les historiens comme la « réaction seigneuriale » ? Il est difficile de répondre à cette question avec précision mais c’est déjà un premier constat. La « réaction » des nobles s’est manifestée par un besoin de moyens financiers plus importants, et conséquemment, d’un regain d’intérêt pour les titres de propriété et les anciens droits féodaux. De nombreux  nobles ont fait refaire les terriers et confié le classement de leurs archives à des feudistes (78) pour avoir une meilleure gestion des terres et percevoir des revenus plus substantiels, notamment en nature. En effet la rente ayant été négociée en argent et jamais révisée sur plusieurs siècles, et l’inflation ayant fait son œuvre, les revenus avaient fortement diminué. Seule une redevance en nature aurait pu assurer une constance dans le revenu, déjouant ainsi les inconvénients de l’inflation. Les signes de la réaction féodale sont donc perceptibles dans les archives de la série J ; une étude approfondie pourrait la mettre en lumière.

Au moment de la Révolution, lors de la nuit du 4 août 1789, l’Assemblée constituante met fin au système féodal. C’est la fin du pouvoir féodal et des privilèges. Les révolutionnaires tarnais font quelques feux de joie symboliques alimentés par les archives. La quasi-totalité des archives de l’Archevêché et du chapitre sont brûlées en août 1793 (79), et sans aucun doute aussi, ici ou ailleurs, des archives seigneuriales.