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Contextualisation, ambiance, focus sur la personne

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Cartes à jouer retrouvées dans des fonds de la série J.

La série des archives privées est aussi une merveilleuse série pour les expositions et la valorisation (208) des archives d’une manière générale. Elle apporte ses documents de la vie familiale et compose un angle de vue privé et personnel sur les documents de la vie publique. Les documents publics sont produits pour administrer les biens et la vie des personnes au sein d’une portion de territoire plus ou moins large qui va de la commune, la paroisse, le district… au royaume ou à l’État.  Ils apportent des informations précieuses mais la personne y est noyée dans la masse de ses semblables. Les archives privées viennent porter un focus serré sur la cellule familiale et les personnes qui la composent, la maison, la gestion et la transmission des biens, le vécu au travers des correspondances ou des notes personnelles, les rapports humains, les apprentissages et parfois l’intime. C’est peut-être d’ailleurs ce qui est le plus difficile à récupérer l'archivistes, car si les personnes donnent facilement les comptes et les titres de propriété, elles gardent volontiers les correspondances et les journaux, les notes personnelles, les « écrits du for privé » de leurs ancêtres. C’est peut-être comme un ultime réflexe de protection de la vie privée. Pourtant, ces documents sont très recherchés dans les expositions.

Les documents visuels sont aussi très importants et malheureusement nos archives ne sont pas toujours « belles » ou rapidement pénétrables pour un visiteur. Mais les archives privées, nous l’avons vu, recèlent aussi des trésors figurés : affiches, plans, photographies, objets etc. : ces archives sont précieuses de ce point de vue. Prenons l’exemple de ces très modestes marque-pages trouvés dans les registres de notaires. Ce sont souvent d’anciennes cartes à jouer, entières ou découpées. La pratique était si répandue au XVIIIe siècle que nous avons pu reconstituer un jeu complet avec ces récupérations. Au revers de ces cartes peintes et colorées, quelques écrits : « bon pour deux pains », signé « Astruc », des comptes, une date « 1765 ». La vie simple et tranquille. C’est évidemment très modeste et peu instructif mais c’est très utile dans une logique d’exposition, en quête de documents contextuels et/ou figurés. Cet exemple volontairement banal montre qu’une pièce très ordinaire peut prendre du relief et donner à voir, planter le décor, donner vie aux archives. C’est aussi dans ce sens que les archives privées participent de toutes les expositions.